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Heureux comme RDA en Suisse (2)

  • 17 novembre 2016

Fans de foot - Lausanne - Coupe du Monde 2014 - Après le match Suisse-Équateur, par Gustave Deghilage sur Flickr
Fans de foot – Lausanne – Coupe du Monde 2014 – Après le match Suisse-Équateur, par Gustave Deghilage sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Voici que nos ingénieux et pragmatiques voisins disposent désormais, directement accessible depuis le RDA Toolkit, d’une traduction française du profil austrogermanohelvétique (en abrégé : D-A-CH, pour Allemagne-Autriche-Suisse) d’application de RDA. Cette traduction avait été annoncée pour septembre 2015, son intégration dans le RDA Toolkit devant être réalisée « ultérieurement ». C’est chose faite.

Voyez :

D-A-CH
Extrait des Directives d’application pour l’espace germanophone publiées dans RDA Toolkit.

Déjà que le bonheur des Suisses était parfait… Que feront-ils de cette nouvelle joie ?

RDA suisse

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La Bibliothèque nationale d’Espagne adoptera RDA en 2019

  • 16 novembre 2016

Sevilla, ES 2015, par Giovani Racca sur Flickr
Sevilla, ES 2015, par Giovani Racca sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).

Après s’être donné le temps de la réflexion — deux années mises à profit pour approfondir certains points au sein de groupes de travail ad hoc et travailler à un profil d’application —, la BNE (Biblioteca nacional de España) vient d’annoncer sa décision d’adopter RDA pour le catalogage de ses fonds. Le communiqué a été publié le 4 novembre dernier sur le site de la BNE et dans la liste de diffusion RDA-L.

La BNE estime qu’elle « commencera à créer des notices bibliographiques et d’autorité conformes à RDA à partir du 1er janvier 2019 ».

De janvier 2017 à mi-2018 seront élaborés, puis mis à disposition « de toute personne intéressée » les supports de formation nécessaires.

 

Pequeño vals vienés. Poème de Federico García Lorca ; musique Leonard Cohen ; arrangements Sílvia Pérez Cruz et Raül Fernandez Miró.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Raül Fernandez Miró, guitare. 2014.
Vidéo : Costa Est Audiovisuals i Co. Catalogne, 2014.

Feu vert pour RDA en Autriche et en Allemagne

  • 7 octobre 2015

kafka, par guendal sur Flickr
kafka, par guendal sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).

Le 28 août dernier, le réseau des bibliothèques autrichiennes (ÖBV, Österreichischer Bibliothekenverbund) annonçait la création de la première notice appliquant le code RDA dans son système de catalogage partagé. La bibliothèque nationale d’Allemagne (DNB, Deutsche Nationalbibliothek) lui emboîtait le pas le 1er octobre.

La première notice RDA autrichienne décrit une nouvelle traduction anglaise de La métamorphose de Kafka. Celle de la DNB une traduction allemande de Purity, un roman de Jonathan Franzen.

Aufatmend sagte er sich: ›Ich habe also den Schlosser nicht gebraucht‹
Franz Kafka (1883-1924). Die Verwandlung (1912).

Avec un soupir de soulagement, il se dit : « Je n’ai donc pas eu besoin d’un serrurier. »
Franz Kafka (1883-1924). La métamorphose, traduction française de Die Verwandlung (1912) par Bernard Lortholary, Flammarion, 2014.

Heureux comme RDA en Suisse

  • 4 août 2015

Cow, running = Galoppierende Kuh am See, par Sascha Kohlmann sur Flickr (CC BY-SA 2.0)
Cow, running = Galoppierende Kuh am See, par Sascha Kohlmann sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Un communiqué bilingue (anglais & français) publié hier sur la liste RDA-L, signé de Renate Behrens (Deutsche Nationalbibliothek), responsable du projet d’implémentation du standard RDA en Allemagne, Autriche et Suisse alémanique et que nous connaissons pour l’avoir entendue aux dernières Journées Abes, stipule que le profil d’application de RDA développé pour les pays de langue allemande est en cours de traduction française. Cela, à la demande du réseau suisse IDS (Informationsverbund Deutschschweiz) qui réunit 330 bibliothèques, majoritairement germanophones.

Voici :

le réseau IDS (Informationsverbund Deutschschweiz) est un partenaire du projet RDA et participe activement à la mise en oeuvre de RDA dans l’espace germanophone. Comme IDS mettra en vigueur non seulement RDA, mais aussi les directives d’application valables pour l’espace germanophone dans leur intégralité, les bibliothèques et les collaborateurs francophones rattachés à IDS souhaitent avoir à disposition en plus de la traduction française de RDA déjà disponible depuis un certain temps, une version française des directives d’application (D-A-CH).

Le réseau IDS a déposé une motion dans ce sens auprès du Standardisierungsausschuss (comité de la normalisation des pays germanophones), qui l’a approuvée à l’unanimité. Les travaux de traduction ont démarré en juillet et devraient être terminés en septembre 2015. La version française des directives d’application sera introduite dans le RDA Toolkit ultérieurement. Une traduction analogue des D-A-CH en italien est envisagée.

Septembre donc. Et une traduction italienne « envisagée ». On notera avec tristesse qu’il n’est aucunement question du romanche.

La BNE publie un site sur RDA en Espagne et en Europe

  • 4 mai 2015

Sus familiares y allegados ruegan una oración por su alma, par Left Hand Rotation sur Flickr (CC BY-NC 2.0)
Sus familiares y allegados ruegan una oración por su alma, par Left Hand Rotation sur Flickr (CC BY-NC 2.0)

La BNE (Biblioteca Nacional de España) vient de constituer et de mettre en ligne un site d’information sur RDA, sa réception et son application éventuelle en Espagne et dans le reste de l’Europe.

Le site est organisé en plusieurs rubriques (RDA à la BNE, RDA en Espagne, RDA en Europe) et propose en outre une FAQ ainsi qu’une sélection de liens vers des ressources utiles.

Un bon site de synthèse, pour qui lit le castillan (pas d’autre version linguistique disponible). Sur la position de la BNE vis à vis de RDA et les travaux en cours, on suivra en particulier l’un des liens proposés par le site vers la présentation La Biblioteca Nacional de España y RDA : qué hemos hecho recientemente y dónde nos encontramos [La Biblioteca Nacional de España et RDA : ce que nous avons fait récemment et où nous en sommes], par María Jesús Morillo Calero (BNE) [fichier .pdf].

………

La transition bibliographique en Allemagne et en France aux Journées Abes 2015

  • 22 avril 2015

Berlino - Il muro 2, par Brozzi sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)
Berlino – Il muro 2, par Brozzi sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Cependant, avant cette journée Afnor / BnF qui promet monts et merveilles, il y a les journées Abes 2015 [programme – fichier .pdf].

Ici aussi on parlera « Transition bibliographique » pendant des heures, et pas seulement pour ce qui concerne la France. Le standard RDA (Ressources : description et accès), qui est déjà en application au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, le sera très prochainement dans de nombreux autres pays européens, au nord surtout (pays nordiques, Lettonie) et au centre (République tchèque et pays germanophones).

Renate Behrens, en poste à la Deutsche Nationalbibliothek (DNB), est celle qui coordonne le processus de transition depuis les règles de catalogage actuelles vers le nouveau standard, non seulement pour l’Allemagne mais aussi pour l’Autriche et la Suisse alémanique. Elle nous présentera ce processus de grande envergure, qui englobe les institutions culturelles et les musées et qui devrait aboutir à la mise en application de RDA vers fin 2015, début 2016. La DNB est à la fois membre du JSC (Joint Steering Committee for Development of RDA) et d’EURIG (European RDA Interest Group).

L’exposé de Renate Behrens aura lieu en session plénière.

Qui s’intéresse à la transition bibliographique à la française restera confortablement dans la salle Pasteur pour la « session parallèle » Transition bibliographique – FRBRisation en action, au cours de laquelle un point sera d’abord fait sur le programme français de normalisation (publication progressive, dès le 1er semestre 2015, de la « Transposition française de RDA », sa mise application par les agences bibliographiques, les actions de formation d’accompagnement).

Mais le principal intérêt de cette session devrait résider dans sa seconde partie. On le sait, l’Abes et la BnF ont donné la priorité à la « FRBRisation » de leurs catalogues respectifs :  RDA n’est considéré en France que comme un outil destiné à appuyer et à consolider ce processus. On entendra donc un point d’étape sur les actions en cours à l’Abes et à la BnF. Ce panorama sera complété par une communication sur l’outil de production mis en place par Électre, qui a été développé autour du modèle FRBR.

 


Mercredi 27 mai, 14h – 14h30
Implémentation du Standard Ressource Description and Access (RDA) dans les pays germanophones : un renversement des paradigmes pour le catalogage
par Renate Behrens, Deutsche Nationalbibliothek, responsable du projet d’implémentation du standard RDA en Allemagne, Autriche et Suisse alémanique.
Session plénière, Salle Pasteur
.

Mercredi 27 mai, 14h30 – 16h30
Transition bibliographique – FRBRisation en action
par Philippe Le Pape, ABES – Mission Normalisation. Olivier Rousseaux, ABES – Pôle Métadonnées, Département Services aux Réseaux. Sébastien Peyrard, BnF – Responsable des traitements automatisés, département de l’Information bibliographique et numérique. Michèle Aderhold, Électre
Session parallèle, Salle Pasteur
.

S’inscrire (jusqu’au 23 avril inclus)

Journées Abes 2015 - Visuel

Une déclaration de la Bibliothèque nationale d’Espagne sur RDA

  • 18 décembre 2014

Biblioteca Nacional de España, par Nathan Rupert sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)Biblioteca Nacional de España, par Nathan Rupert sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

La déclaration suivante a été publiée il y a environ une heure sur le site de la Bibliothèque nationale d’Espagne (BNE). Elle a également été diffusée via la liste de discussion RDA-L, et été transmise aux membres d’EURIG (European RDA Interest Group). On constate que l’analyse, désormais officielle, de la BNE est très proche de celle qui prévaut en France. Rappelons que l’Espagne, comme la France, est un pays de tradition « ISBD » (par opposition à AACR2, ce qui est le cas du Portugal voisin).

Il s’ensuit logiquement que les processus de transition bibliographique menés de part et d’autre des Pyrénées sont convergents.

………

Texte publié

On en trouvera une traduction française partielle à la suite du texte anglais.

National Library of Spain Statement relating to RDA

RDA is becoming a de facto international standard. At present, RDA is being used in the main libraries of the world, especially Anglo-Saxon ones, as well as in several European National Libraries. In addition, taking into account that RDA is the natural continuation of AACR2, it is presumably that which will be implemented widely in Latin America.

RDA, therefore, will increase its presence in the field of large collective catalogues, such as OCLC, and bibliographic information services provided by publishers and other related platforms. In Spain, as the survey conducted this year on the subject made clear, a good number of libraries expressed their intention to migrate to this new standard (Biblioteca de Catalunya, Biblioteca de Galicia, many of the university libraries, etc.).

The National Library of Spain (BNE) is actively seeking an alignment with RDA that doesn’t involve a sudden break in our current cataloging practices. We believe that RDA focuses on two main goals which the BNE currently considers of prime importance, such as FRBRization and linked data development. However, we find some obstacles that discourage RDA implementation at this moment:

  • The standard is still undergoing major changes in its drafting through periodical revisions. Furthermore, some RDA chapters are still to be written.
  • Current format environment, based on MARC 21, doesn’t provide enough flexibility to take advantage of RDA FRBR-based structure. The role of BIBFRAME, supposedly the natural replacement for MARC 21, is not clear in the short term and its development is being even questioned in North America. We think ILMS development will be decisive in this new context.
  • A move from Spanish Cataloguing Rules to RDA would involve a number of major changes in legacy data -especially regarding access points- where potential benefits currently do not appear to worth the great effort required.
  • Last but not least, the current economic situation would not allow many Spanish institutions to assume the costs (licenses of RDA Toolkit, training, etc.) of RDA implementation.

These are the reasons why the BNE has decided not to adopt the new standard for the time being. This does not mean, however, that the BNE is rejecting any further decision in the future.

In this approach to RDA, the BNE will go in depth regarding the development of controlled vocabularies and the use of new MARC 21 fields created for RDA elements. We will also continue investigating key aspects where RDA comes into conflict with Spanish cataloguing tradition, assessing the cost/benefit ratio of each decision to be taken. Given that the results of the survey regarding RDA in Spain show that most Spanish libraries are looking at the BNE decision in order to make a move, we will create a specific information channel on our website to communicate decisions taken and to handle enquiries and comments from the Spanish library community.

Biblioteca Nacional de España, December 17th, 2014.

Traduction française partielle

Déclaration de la Bibliothèque nationale d’Espagne au sujet de RDA

[…]

La Bibliothèque nationale d’Espagne s’efforce de rechercher un alignement de ses règles avec RDA tout en évitant d’introduire une rupture trop forte dans les pratiques catalographiques actuelles. Deux des objectifs principaux de RDA, la FRBRisation et l’ouverture au Linked data, sont considérés prioritaires par la BNE. Cependant nous considérons que des obstacles à l’application immédiate de RDA existent :

  • Le code, qui est révisé périodiquement, est encore dans un processus évolutif de grande ampleur. De surcroît certains chapitres de RDA restent à écrire.
  • L’environnement actuel en matière de formats, fondé sur MARC 21, ne procure pas suffisamment de souplesse pour profiter pleinement d’une structure fondée sur les FRBR. Le rôle de BIBFRAME, dont on peut penser qu’il est le remplaçant naturel de MARC 21, est encore flou à court terme, et certains s’interrogent même sur son devenir en Amérique du Nord. L’évolution des SGB devrait s’avérer décisive sur ce point.
  • Un passage des règles de catalogage espagnoles à RDA supposerait des changements importants par rapport aux données rétrospectives — notamment en ce qui concerne les points d’accès — changements dont le bénéfice potentiel ne semble pas actuellement à la mesure de l’important effort à consentir.
  • Enfin, et ce n’est pas le moindre des arguments, la situation économique actuelle ne permet pas aux institutions espagnoles de faire face aux coûts induits par l’application de RDA (licences du RDA Toolkit, formation, etc.)

Pour toutes ces raisons, la BNE a décidé de ne pas adopter RDA pour le moment. Ceci ne signifie nullement que la BNE n’envisage pas de réviser cette décision ultérieurement.

L’approche retenue par la BNE consiste à suivre de près l’évolution des vocabulaires contrôlés et celle de l’usage des nouvelles zones MARC 21 créés pour les éléments de RDA. Nous continuerons en outre à analyser les points de désaccord entre RDA et les traditions espagnoles de catalogage, tout en évaluant le rapport coût / bénéfice de chacune des décisions à prendre.

[…]

Biblioteca Nacional de España, 17 décembre 2014.

———

Sara Montiel (1928-2013) | Agua que no has de beber. Juan Martínez Abades, paroles et musique ; Sara Montiel, chant ; accompagnement d’orchestre. Extrait du film La violetera (1958), réalisateur Luis César Amadori.

Agua que no has de beber déjala correr
Déjala, déjala

L’eau que tu n’es pas obligé de boire, laisse-la couler
Laisse-la, laisse-la.

Enquête sur l’adoption de RDA en Espagne

  • 31 juillet 2014

La BNE (Biblioteca Nacional de España) vient de publier les résultats d’une enquête menée auprès des bibliothèques espagnoles sur leur position vis à vis de l’adoption éventuelle de RDA comme code de catalogage [Fichier .pdf 678 Ko, en espagnol].

Des 128 bibliothèques ayant répondu, 4 déclarent qu’elles n’implémenteront pas RDA.

Mais 83 % des établissements n’ont pas pris de décision, les trois quarts des interrogées attendant que s’affirment les orientations prises aux niveaux national et international. La décision de la BNE notamment pèsera sur le choix de plus de la moitié des bibliothèques répondantes.

17 bibliothèques, ou réseaux de bibliothèques, ont cependant déjà décidé d’implémenter RDA, majoritairement en milieu universitaire (15 sur 17), et en Catalogne (10 sur 17). Beaucoup d’entre elles, il faut le signaler, font partie de la petite minorité appliquant actuellement les AACR2. Les dates envisagées pour la mise en application de RDA s’échelonnent de 2014 à 2017 pour 12 de ces établissements, et ne sont pas fixées pour les 5 autres. Le rapport d’enquête pointe l’absence d’étude d’impact, notamment financier : « Quasiment aucune bibliothèque n’a évalué le coût du changement de règles, toutes se trouvant encore dans une phase assez précoce. Seule l’université des Îles Baléares fait état d’un coût initial évalué à 800 € » (p. 15). Idem pour la formation : « Le processus de formation du personnel n’a pas encore été défini dans la majeure partie des établissements » (p. 13).

L’enquête fournit également des données sur la proportion de notices importées et les sources dont elles proviennent, autres éléments qui sont de nature à influer sur les décisions futures des bibliothèques.

Extrait de : ¿Qué he hecho yo para merecer esto? | Réalisation Pedro Almodóvar ; scénario Pedro Almodóvar ; acteurs principaux Carmen Maura, Ángel de Andrés López, Chus Lampreave, Verónica Forqué, Amparo Soler Leal. Espagne, 1984.

Le malentendu RDA (employé pour : AACR3 ?)

  • 14 octobre 2013

Stockholm (Suède), 19 septembre 2013
Stockholm (Suède), 19 septembre 2013

La réunion annuelle des membres d’EURIG s’est tenue fin septembre à Stockholm, jolie ville impeccable, où même les éléments d’architecture authentiquement très anciens ont l’air d’avoir été exécutés avec un soin minutieux dans les années 1980. Nous étions confortablement reçus à la Bibliothèque royale, Kungliga biblioteket, et gratifiés à de fréquents intervalles de carrés de pain de mie avec des choses dessus (à manger).

On prendra connaissance du compte-rendu de la réunion, dressé par Françoise Leresche (BnF), sur la page du site RDA en France consacrée aux travaux internationaux relatifs au RDA.

Cette réunion d’EURIG était la première depuis l’entrée en vigueur du RDA comme code de catalogage dans un certain nombre de bibliothèques d’envergure, parmi lesquelles la LC [Library of Congress] et la BL [British Library]. Trop tôt sans doute pour un premier bilan (qui n’était d’ailleurs pas à l’ordre du jour).

Cependant, au cours de la réunion, quelqu’un — Daniel van Spanje, représentant à la fois OCLC-Leiden et le réseau des bibliothèques de lecture publique néerlandaises — a dit qu’il faudrait quand même savoir à partir de quand une notice pouvait être labellisée RDA, vu que celles produites par la LC (il aurait pu dire la même chose de celles de la BL) ne comportent pas l’identification des œuvres, alors que cet élément est core (fondamental, et donc obligatoire). Ça me rappelle quelque chose… (cf. Journées Abes 2013). Sans cet élément (et pour ma part j’ajouterais : sans l’identification de l’expression, mais RDA n’en fait pas obligation), les notices bibliographiques ne sont pas FRBRisées. Certes la feue indication générale du type de document (élément présent dans les AACR2 et les anciennes éditions de l’ISBD) est dûment remplacée dans les notices MARC par des zones exprimant la forme du contenu, le type de médium et le type de support, mais pour le reste, en dehors de quelques nouveautés, rien n’a fondamentalement changé. C’est-à-dire qu’on est passé, dans ces établissements, des AACR2 à… des AACR3.

Cette carence flagrante de l’identification de l’œuvre nuit à la réputation du RDA : elle laisse penser que le code est impossible à appliquer. Et pas parce que la LC, la BL et les autres travaillent toujours en MARC : il est parfaitement possible, même en MARC, d’identifier l’œuvre, que ce soit au moyen d’une zone de lien, ou par une simple zone textuelle (puisque la LC ne fait pas de liens entre notices). Est-ce que cela, s’autoriser à négliger un des éléments fondamentaux du RDA (le plus fondamental de tous, celui qui dit clairement : on applique le modèle FRBR), n’est pas une manière d’avouer : RDA: no we can’t ?

Quant aux bibliothèques françaises relevant du réseau de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, compte tenu du projet SGBM qui démarre, il leur faut assez vite traiter la question : RDA, ou pas RDA ?

En faveur du RDA :

  • le code, à tort ou à raison, marque des points au niveau international grâce à un travail incessant de communication qui fonctionne. Dans plusieurs pays on considère que puisque le RDA est porté par la LC, il s’impose de facto comme code international, et qu’il n’y a pas à tergiverser. C’est le cas en Allemagne, où la décision de retenir le RDA est prise de longue date (alors qu’on n’y applique pas les AACR2, mais un ensemble de règles spécifiques, utilisé aussi en Autriche, les RAK). Prévue initialement pour 2013, l’entrée en vigueur du RDA y a été repoussée à 2015.
  • Le RDA est bien représenté dans l’Open Metadata Registry, ce qui rend ses éléments, vocabulaires, etc. disponibles pour l’expression des métadonnées en RDF. (Le modèle FRBR et l’ISBD — qui ne traite que de la description des ressources, c’est-à-dire, grosso modo, de la manifestation FRBR — sont dans le même cas.)

En défaveur du RDA :

  • Le code est encore incomplet (l’indexation matières n’est toujours pas traitée ; des travaux sont en cours à ce sujet)
  • On peut être sceptique sur son aptitude à réellement produire des métadonnées FRBRisées, soit parce qu’il est difficile à appliquer (cf. supra), soit pour des raisons plus profondes (voir le billet FRBR : de l’expression bordel !)
  • Sans identification de l’œuvre, le RDA ne présente guère d’avancées significatives par rapport à un ensemble de règles qui serait constitué de l’ISBD intégré et du reste des règles françaises actuelles (choix et structure des points d’accès).

Si RDA, des questions devront être réglées avant de s’y lancer, parmi lesquelles :

  • Le RDA ménage beaucoup d’options d’application : les choix doivent être opérés et consignés dans une sorte de profil d’application destiné à un contexte d’utilisation spécifique (par exemple : les bibliothèques du réseau Sudoc). Qui rédigera ce profil ? Si c’est l’Abes : quand, et avec quels moyens humains ?
  • Il y aura lieu de former les catalogueurs au nouveau code, dont l’organisation interne n’a rien à voir (rien à voir) avec celle des règles françaises actuelles. Ce point est délicat : il faudra d’abord constituer un vivier national de formateurs qui devront donc acquérir les connaissances nécessaires, puis mettre en place des sessions dans les CRFCB. La question se pose en particulier pour l’Abes, dont aucun agent ne dispose actuellement de l’expertise nécessaire.
  • La question de la formation amène celle de l’aide au catalogage, et de la maintenance de l’éventuel profil d’application qui aura été défini (cf. supra). Ces tâches devraient en toute logique incomber à l’Abes. Il faudra donc en définir les conditions. Quid du réseau Sudoc actuel ? L’Abes devra-t-elle mener en parallèle l’aide au catalogage selon les normes actuelles (et la maintenance du Guide méthodologique) et l’équivalent pour le RDA ? Ou bien sera-ce le RDA pour tout le monde ? (On boucle alors sur la question de la formation, qui devient une opération à grande échelle).
  • Une autre question mérite d’être posée : quel sera le périmètre documentaire de l’utilisation du RDA ? Les seules ressources « analogiques », dont l’importance relative décline au profit des ressources électroniques ? Ou bien… ?

En cas d’adoption rapide du RDA dans le réseau des BU (je dis BU pour faire court), il y aurait en outre lieu de réexaminer les conditions de la participation de celui-ci au projet RDA en France (dont le groupe stratégique était jusqu’au départ de Raymond Bérard pour l’INIST présidé par le directeur de l’Abes, et dans le cadre duquel il a été décidé de ne pas appliquer RDA dans l’immédiat).

En résumé : une décision d’appliquer RDA pour faire comme tout le monde (ce qui peut se justifier) aurait un prix, qu’il vaudrait mieux évaluer avant d’avoir à le payer.

Ceci sans préjudice de l’utilisation ou non de BIBFRAME lorsqu’il sera stabilisé.

………………

L’an prochain, la réunion EURIG aura lieu à Vienne, patrie du Wiener Schnitzel et de la Sachertorte — et capitale du seul pays au monde capable de rivaliser avec la France en matière de pâtisserie.

Et c’est bientôt Noël.

Mais qu’est-ce qu’il se passe ? (1) EURIG

Helsinki (Finlande), 17 août 2012
Helsinki (Finlande), 17 août 2012

Il s’en passe des choses, et il s’en est passé… Énormément. Tellement qu’on ne peut pas tout dire à la fois.

Commençons par le travail qui s’effectue dans le cadre d’EURIG (European RDA Interest Group).

Documents transmis par EURIG au JSC

Suite à la réunion technique d’EURIG tenue à Paris le 27 janvier 2012, quatre propositions européennes d’aménagement de RDA, plus un « discussion paper » (i. e. un document exposant une problématique et indiquant des pistes de travail pour la résoudre) ont été transmis au JSC (Joint Steering Committee for Development of RDA). Les voici telles qu’elles se présentent sur le site du JSC :

6JSC/EURIG/1 Addition of examples in RDA 6.12.1.3 and 6.27.3 [.pdf]
6JSC/EURIG/2 Date of expression – Revision of RDA 6.10.1.1 and 6.10.1.3 [.pdf]
6JSC/EURIG/3 Language of expression – Revision of RDA 6.11, 6.11.1.3, 6.11.1.4, 7.12.1.3, 26.1.1.3 [.pdf]
6JSC/EURIG/4 Musical arrangements – Revision of RDA 6.18.1.4 and 6.28.3.2.1 [.pdf]
6JSC/EURIG/Discussion/1 Musical arrangements: discussion paper [.pdf]

Ces cinq documents ne représentent qu’une petite partie de la masse de tous ceux, émanant des « constituencies » du JSC ou d’organismes externes comme EURIG, qui vont être examinés par le JSC du 5 au 9 novembre prochains. 63 au total si j’ai bien compté. Ils figurent sur cette page qui recense les documents de travail soumis au JSC, ou qui en émanent (ceux qui vont être examinés à la réunion de novembre ont 6JSC en début de référence, et une date postérieure à mars 2012). Ils sont regroupés par rubriques selon leurs sources puis leurs références, chaque rubrique comportant le document initial et les réactions des autres organismes audit document (par exemple pour ceux d’EURIG).

Groupe de travail sur les « agrégats »

Toujours dans la continuité de la réunion technique de Paris, le groupe de travail sur les « agrégats » s’est réuni pendant le congrès IFLA de Helsinki en août dernier, autour de deux documents rédigés et défendus par la France (ABES & BnF), portant sur les mauvais traitements infligés dans RDA aux illustrations et aux compilations :

Les arguments développés reposent à la fois sur une analyse préalable [.pdf] de la problématique des agrégats par le FRBR Working Group on Aggregates et sur des considérations pratiques, nourries d’une expérience des données liées dans des catalogues tels que le Sudoc ou le catalogue général de la BnF.

Approuvés à Helsinki par le groupe de travail (dont la réunion était ouverte à de nombreux observateurs, membres d’EURIG ou non), les deux argumentaires ont dû être à nouveau présentés — et défendus — lors de la réunion officielle d’EURIG (Madrid, 21 septembre 2012). Ils sont dorénavant validés, et la France est chargée de les transformer en « discussion papers » à l’intention du JSC (pour présentation dans un an, à l’automne 2013).

Réunion EURIG de Madrid

Outre la discussion sur les documents relatifs aux agrégats, les membres d’EURIG ont discuté des réponses à apporter aux autres propositions d’évolution et « discussion papers » parvenus au JSC (cf. supra), du moins à ceux qui présentaient un enjeu.

À signaler parmi ceux-ci trois « discussion papers » développant un argumentaire résolument tourné vers le web de données, et illustrant le parti qu’on peut en tirer :

  • 6JSC/ALA/17 Machine-Actionable Data Elements in RDA Chapter 3: Discussion Paper
  • 6JSC/CILIP Rep/1 Machine-actionability and interoperability of RDA value vocabularies: a discussion paper
  • 6JSC/CILIP Rep/2 RDF representation of RDA relationship designators: discussion paper

Les réponses d’EURIG adressées au JSC sont visibles sur la page déjà citée au même titre que les autres (chercher la chaîne « EURIG response »).

Madrid (Espagne), 22 septembre 2012
Madrid (Espagne), 22 septembre 2012

——

Dans l’ensemble EURIG s’affirme comme un authentique lieu de discussion pour les partenaires européens (de ce point de vue les réunions de Helsinki et de Madrid ont confirmé le succès de la réunion de Paris), et comme une véritable force de proposition vis à vis du JSC, voire d’autres instances telles que l’ISSN, l’ISBD Review Group ou l’IAML.