Notes en vrac

  • 25 octobre 2013

Giorgio de Chirico (1888-1978). La stazione di Montparnasse (1914 ; Paris), 140 x 184,5 cm. Museum of Modern Art, New York, États-Unis.
Giorgio de Chirico (1888-1978). La stazione di Montparnasse (1914), 140 x 184,5 cm. New York (États-Unis), Museum of Modern Art.

J’écris ces notes — qui sortent en vrac — dans le train, après la journée RDA, FRBR état des lieux organisée par la FULBI jeudi 17. (J’y étais invité pour présenter les progrès de la FRBRisation du Sudoc : je n’avais rien à dire, rien. Une situation des plus gênantes. Réduit à un babil d’ameublement. Heureusement les autres intervenants avaient des choses à dire quant à eux, et j’ai trouvé la journée très intéressante.)

Je me pose encore les mêmes questions à propos de ce projet SGBM et d’un futur Sudoc : faut-il passer au RDA ou pas, est-ce qu’un code de catalogage peut vraiment intégrer les FRBR, est-ce qu’il ne faut pas dépasser les FRBR, est-ce qu’on peut trouver une autre inspiration dans FRBRoo … Je ne sais pas.

Mais il me semble qu’il faut découpler les problématiques respectives du RDA et du modèle FRBR. On le voit, la Bibliothèque du Congrès le montre : on peut appliquer le RDA sans vraiment produire de données FRBRisées. Et plus j’y pense, plus je crois que des catalogueurs d’une BU ou autre ne feront jamais l’effort d’identifier l’œuvre, encore moins les œuvres, contenue(s) dans la publication à traiter. Cela tant que les règles de catalogage, et les interfaces de saisie, privilégieront l’aspect contenant par rapport à l’aspect contenu. Ou plutôt : obligeront à voir l’objet à décrire par ce bout-là de la lorgnette.

C’est pourquoi je me dis parfois : passons au RDA quoiqu’il en coûte, faisons-le, débarrassons-nous de ce problème-là. Ce qui nous permettra de nous poser la vraie question : maintenant comment fait-on pour sortir du catalogue traditionnel ? (Pour le dynamiter.)

Autre chose : pour construire des applications FRBR, il importe de ne considérer le modèle que comme une référence (rappelons qu’il a été conçu dans les années 1990, à partir des données de l’époque). Il faut le critiquer, le discuter, l’adapter. C’est ce qui a été fait par exemple pour la conception du nouveau système de production d’Electre  (présenté à la journée FULBI), et dans une moindre mesure dans Data.bnf.fr. Je ne suis pas sûr que la notion d’œuvre au sens strictement FRBR soit réellement représentée dans le modèle Electre, et c’est tant mieux. À mon sens les contours de l’entité œuvrefrbr sont difficiles, sinon impossibles, à normaliser (ce qui est d’ailleurs anticipé dans le modèle). L’entité expressionfrbr ou un équivalent, niveau pertinent pour la gestion des droits d’auteur sur les contenus, me semble moins problématique. De ce point de vue le RDA n’est certainement pas le bon outil, à moins d’être appliqué très librement. Tel qu’il est, le RDA est au contraire un bon moyen de cantonner un peu plus longtemps les bibliothécaires (et les bibliothèques) dans leur culture propre.

Ce qui est remarquable dans la réalisation d’Electre, c’est que compte tenu d’un éventail d’utilisateurs potentiels incluant les professionnels de l’édition, de la librairie et des bibliothèques, on s’est sincèrement interrogé sur les besoins qu’on avait ou qu’on allait avoir, et qu’on n’a pas hésité à changer complètement de point de vue, d’angle d’attaque, dans la production des métadonnées. On n’a pas craint de se projeter dans un univers entièrement différent.

À ce moment précis, je suis distrait de mes réflexions désordonnées par le type à côté de moi, qui téléphone aussi discrètement que possible, mais que j’entends distinctement dire ceci : il n’est pas bête, pas comme sa mère. Qui est cette mère ? Son ex-femme ? Sa belle-sœur ? Une collègue ? Puis un nouvel incident assez amusant, relatif cette fois à mon antipathique vis-à-vis, renchérit sur celui-ci. Plus moyen de penser aux FRBR etc. De toute façon je tourne en rond.

Avec ça on n’est même pas à Bordeaux encore. Ce retour en train est interminable.

Rébus Express. Émission du 8 mars 1962. 1ère partie / Maurice Brunot, réalisateur ; Office national de radiodiffusion télévision française, producteur. (Interlude).
Diffusion : INA [Institut national de l’audiovisuel (France)]. Accès : http://www.ina.fr/video/CPF86643387/rebus-express-1-ere-partie-video.html.

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Publié le 25 octobre 2013, dans Journées d'étude, Modèles, RDA, Sudoc, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. A se demander parfois ce qui nous a pris de mobiliser des formateurs un peu partout en France pour expliquer ce modèle et cette norme qui nous laissent si perplexes…? ^_^’

    • A se demander, oui… Peut-être qu’il vaudrait mieux que l’axe de nos formations à venir, leur angle d’attaque, soit davantage l’expression de nos métadonnées en RDF, plutôt que la modélisation FRBR. Actuellement on fait l’inverse.
      Et je pense aussi qu’il faut mettre en avant theses.fr, qui est indéniablement une réussite. Et c’est le seul « catalogue » réellement FRBRisé en France, et en rdf. Y passer du temps.

      • Difficile quand on est toujours dans le prospectif…
        Parler plus de theses.fr comme modèle de catalogue FRBRisé et en RDF, et donc comme référence potentielle pour un futur Sudoc, OK, c’est noté.
        Passez plus de temps sur l’expression des métadonnées en RDF… Je ne suis pas sûre qu’il soit souhaitable d’entrer plus dans les détails techniques (pour autant que nous en soyons capables) lors des journées de « sensibilisation ». On ne demandera jamais à un catalogueur de chercher des URL pour construire lui-même ses petits triplets (si?). N’est-ce pas l’affaire d’une poignée de chefs de projets spécialisés?
        Faut-il imposer à tout le monde de comprendre comment marche la machine derrière les interfaces professionnelles, surtout avant d’avoir une idée plus précise de quand et avec quel outil on va réellement être amené à produire des données de ce type?
        Parfois, je laisse dangereusement le scepticisme prendre le pas sur l’optimisme. 🙂

      • Attends, je me suis mal exprimé.
        Au lieu de « l’expression de nos métadonnées en RDF » j’aurais dû dire : le web de données, ce que c’est, pourquoi nos métadonnées devraient s’y insérer.

        Ensuite, il y a la question de la modélisation de nos métadonnées, qui peut à vrai dire être envisagée séparément.
        On peut dire que notre modèle de métadonnées n’est plus adéquat de toute façon, par rapport aux usages de recherche/découverte, par rapport aussi aux besoins d’interopérabilité avec d’autres métiers liés à la production et à la mise à disposition des ressources documentaires (édition, gestion des droits etc).
        Et qu’une nouvelle modélisation serait par ailleurs bienvenue dans le cadre de la « RDFisation » desdites métadonnées.

        Alors se pose la question du modèle : FRBRer ? FRBRoo ? Autre ? (BIBFRAME est-il un « modèle » aussi ?)
        Puis la question des normes de contenu : RDA ? Autre ?

        (Ce qu’il faut éviter de dire, parce que ce n’est pas vrai, c’est qu’il est nécessaire de FRBRiser nos métadonnées pour pouvoir les exprimer en RDF.)

        [Tout ça aussi c’est un peu en vrac… c’est qu’il commence à y avoir du jeu dans mes vieux neurones…]

      • Ah ouf, j’avais mal compris, en effet, et je suis donc d’accord avec l’ensemble.
        Pour la distinction FRBR / Web de données c’est bon, j’insiste toujours sur le fait que ce sont (étaient) deux objectifs distincts : on peut FRBRiser sans le Web, on peut améliorer notre rapport au Web sans FRBR.
        Merci pour toutes ces précisions! (et je trouve que tes neurones se portent plutôt bien)

  2. voici un voyage en train fructueux … ce qui compte finalement c’est le chemin …;-)

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