Archives de Catégorie: RDA

Le RDA in French

  • 17 mai 2013

Depuis le 14 mai.

Le RDA Toolkit en français

Le RDA Toolkit (qui n’a pas changé de titre pour autant) est disponible dans sa traduction française, ou dans l’allemande pour ceux qui préfèrent. La version française est le fruit d’une collaboration transatlantique entre l’ASTED (Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation), BAC (Bibliothèque et Archives Canada), BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec) et la BnF (Bibliothèque nationale de France).

Le site prend automatiquement la version linguistique paramétrée dans les « préférences » du navigateur (ce que je ne trouve pas très pratique). On est presque surpris de lire élément fondamental au lieu de core element :

RDA : Œuvre manifestée

et on entend l’accent québécois lorsque record est traduit par enregistrer :

« Si aucun des termes listés dans le tableau 3.1 ne s’applique au support matériel de la ressource, enregistrer autre. »

On découvre des mots nouveaux (non ?) :

« § 3.20.1.3 Enregistrement de l’équipement ou du système requis

Enregistrer tout équipement ou système requis au-delà de ce qui est normal ou évident pour ce type de support matériel ou ce type de fichier (par exemple, la marque et le modèle de l’équipement ou du matériel, le nom du système d’exploitation, la capacité de mémoire, le langage de programmation, les autres logiciels nécessaires, ou tout plugiciel ou périphérique requis pour faire fonctionner, visionner ou faire défiler la ressource). »

des personnes remarquables (§ 9.2.2.3 Choix du nom privilégié) :

RDA (fr) Soeur Albina Fauteux

et des activités intéressantes si on envisage de changer de métier (§ 9.15.1.3 Enregistrement des domaines d’activité de la personne) :

RDA (fr) Confection de courtepointes

D’après la préface, l’édition française inclut les modifications de 2011, mais pas celles adoptées par le JSC (Joint Steering Committee for Development of RDA) en octobre 2012 :

Cette première parution en français inclut les modifications adoptées en 2011 par le JSC dans le cadre du processus formel de révision de RDA et intégrées dans la version anglaise du RDA Toolkit en avril 2012 ainsi que toutes les modifications mineures incorporées jusqu’en octobre 2012. Les mises à jour de RDA postérieures à cette date seront prises en compte dans les futures éditions de la version française.

…………

En accès libre :

Extrait de : Bon cop, bad cop / Éric Canuel, réalisation ; Leila Basen, Alex Epstein, Patrick Huard, Kevin Tierney, scénario ; Patrick Huard, Colm Feore, Lucie Laurier, Patrice Bélanger… acteurs. Production : Park Ex Pictures, Sortie 22. Canada, 2006.

Publicités

T’as perdu ta langue ?

língua língua merda # 01 par Fernando Neves sur Flickr
língua | língua | merda #01 par Fernando Neves sur Flickr.

En application du RDA (Ressources : description et accès), qui lui-même en l’espèce se conforme au modèle FRBR, une œuvre est privée de sa langue.

Une œuvre n’a pas de langue

Dans le modèle FRBR, une œuvre — même textuelle — n’a pas de langue. Pas même de langue(s) originale(s). L’attribut de langue se trouve exclusivement au niveau de l’expression :

4.3.4 Langue de l’expression
On entend par « langue de l’expression » la langue dans laquelle l’œuvre est exprimée. Elle peut regrouper plusieurs langues, chacune d’entre elles étant la langue d’un élément individuel de l’expression.

On voit par là que des trois entités abstraites du groupe 1 (Œuvre, Expression, Manifestation), l’œuvre est la plus abstraite de toutes. C’est à dire que dans une masse de métadonnées structurées (par exemple, un catalogue de bibliothèque), une œuvre doit être envisagée comme un dossier permettant de rassembler, pour un meilleur confort d’utilisation, l’ensemble des métadonnéees se rapportant à une seule et même « création intellectuelle ou artistique déterminée » (FRBR, § 3.2.1). Dossier renfermant un ou plusieurs sous-dossier(s) (les expressions de l’œuvre considérée), et ainsi de suite jusqu’à l’item, dernier échelon de ce principe de classement. La langue se trouve au 2e échelon, elle est un élément discriminant des expressions.

Il n’y a pas de langue originale

Dans ces conditions, qu’est-ce qu’une langue originale dans le modèle ? C’est une notion qui gêne, un peu dans les FRBR, davantage dans RDA, qui souvent se prend les pieds dans le tapis lorsqu’il en traite.

Dans les FRBR :

Les traductions d’une langue dans une autre, les transcriptions et arrangements musicaux, les versions doublées ou sous-titrées d’un film sont également réputés n’être que des expressions différentes de la même œuvre originale. (3.2.1 L’entité Œuvre)

Seulement se contenter de (par exemple) :

œuvre [œ1] Il consiglio d’Egitto | Sciascia, Leonardo (1921-1989)
expression [e1] Il consiglio d’Egitto | Sciascia, Leonardo (1921-1989). Français (Pressac)

c’est faire l’impasse sur une information importante : [e1] n’est pas une expression « directe » de [œ1]. On ne peut pas la mettre sur le même plan que :

expression [e2] Il consiglio d’Egitto | Sciascia, Leonardo (1921-1989). Italien

réalisée par le créateur même de [œ1]. Il faudrait pouvoir mentionner que [e1] est une transformation (en l’occurrence : une traduction) d’une expression « directe » de [œ1].

La relation de traduction dans les FRBR et dans RDA

Une telle relation entre expressions est définie dans le modèle FRBR, au § 3.2.2 L’entité Expression :

L’existence d’une entité expression permet également d’établir des relations entre les expressions spécifiques d’une œuvre. Il est ainsi possible, par exemple, de se servir de l’entité expression pour identifier l’état du texte sur lequel a été établie une traduction, ou la partition spécifique suivie par les interprètes d’une composition musicale.
FRBR.

Et dans le chapitre 5 qui traite des relations, où l’on trouve un « Tableau 5.3 Relations entre une expression et une expression » :

Entre des expressions de la même œuvre

Traduction
a une traduction à
ß est une traduction de

[…]

Les relations entre des expressions de la même œuvre (Tableau 5.3) se rencontrent lorsqu’une expression a été tirée d’une autre. Dans ces types de relations, une expression est considérée comme une modification de l’autre. La modification peut être une traduction littérale, dont le but est de restituer le contenu intellectuel de l’expression antérieure aussi fidèlement que possible (à noter que dans le modèle les traductions libres sont traitées comme de nouvelles œuvres).

Mais nulle part dans le modèle n’est évoquée la notion de langue originale, qui, pour reprendre la logique des FRBR, serait celle de la première expression de l’œuvre (ou celles des premières expressions simultanées de l’œuvre dans le cas d’une œuvre créée par une collectivité multilingue par exemple). Une telle expression a pour autre caractéristique qu’elle est le fait du créateur (ou des créateurs) de l’œuvre qu’elle représente.

Résultat : il n’y a pas de moyen simple dans le modèle d’indiquer si une traduction a été effectuée depuis une expression qui est elle-même une traduction.

Fait aggravant : pour des raisons de commodité le modèle FRBR consent à ce qu’une traduction soit reliée directement à l’œuvre dont elle est une expression :

Cela [le fait de définir la notion d’œuvre comme l’une des entités du modèle] permet également d’établir des liens indirects entre plusieurs expressions de la même œuvre lorsqu’il est impossible d’établir des liens directs entre ces expressions elles-mêmes. Par exemple, il peut y avoir plusieurs traductions d’une même œuvre (par exemple, Anne of Green Gables) sans qu’il soit toujours possible ou nécessaire de préciser quel est le texte dont tel traducteur est parti pour élaborer sa propre traduction. Dans ce cas on n’établira pas de lien direct entre les expressions particulières de l’œuvre (c’est-à-dire, entre la traduction et le ou les textes sur lesquels elle s’est appuyée), mais le fait de relier individuellement chacun des états du texte et chacune des traductions avec l’entité dénommée œuvre permet de relier implicitement entre eux tous ces différents états et toutes ces traductions.
(FRBR. § 3.2.1 L’entité Œuvre)

RDA profite tout naturellement de cette facilité. Bien que les relations translation of / translated as soient définies dans l’annexe J3 (Relationship Designators for Related Expressions), les exemples fournis dans le corps même du code en font peu de cas (si ce n’est sous la forme de la traditionnelle note sur le titre original), et les règles de construction des points d’accès identifiant les expressions encore moins :

Goncourt, Edmond de, 1822–1896. Frères Zemganno. English

Resource described: The Zemganno brothers / by Edmond de Goncourt. An English translation of a French novel

(RDA § 6.27.3 Authorized Access Point Representing an Expression)

Qu’est-ce qui manque ?

  • Le contenu linguistique d’une expression devrait pouvoir être étiqueté comme étant soit « original » (i.e. le fait du ou des créateur(s) de l’œuvre), soit « traduit ».
  • Lorsqu’une expression est une traduction d’une autre expression, il faudrait fournir des éléments permettant d’identifier cette dernière.

Par exemple :

œuvre Il consiglio d’Egitto | Sciascia, Leonardo (1921-1989)
expression Il consiglio d’Egitto | Sciascia, Leonardo (1921-1989). Italien [original]
expression Il consiglio d’Egitto | Sciascia, Leonardo (1921-1989). Français [traduit de l’original italien] (Pressac)

œuvre ’n Seisoen in die paradys | Breytenbach, Breyten, 1939-
expression ’n Seisoen in die paradys | Breytenbach, Breyten, 1939- . Afrikaans [original]
expression ’n Seisoen in die paradys | Breytenbach, Breyten, 1939- . Français [traduit d’une traduction anglaise] (Guiloineau)

Il y a sûrement des façons plus lisibles et plus précises de présenter ces informations, d’autant qu’elles le sont ici sous forme de points d’accès (il manque les liens entre expressions et de quoi identifier de ces dernières). Il suffit qu’elles soient effectivement présentes, sous une forme ou une autre, dans les métadonnées.

Le groupement européen EURIG a introduit une demande d’évolution du code RDA sur ce point à partir du travail effectué par le groupe RDA en France : 6JSC/EURIG/3 Language of expression – Revision of RDA 6.11, 6.11.1.3, 6.11.1.4, 7.12.1.3, 26.1.1.3 [.pdf].

Extrait de : The mark of Zorro / Fred Niblo et Theodore Reed, réalisation ; Douglas Fairbanks (Don Diego de la Vega / Zorro), Noah Beery (le sergent Pedro), Charles Hill Mailes (Don Carlos Pulido), Claire McDowell (Doña Catalina), Marguerite De La Motte (Lolita)… [et al.], acteurs. 1920.

Mais qu’est-ce qu’il se passe ? (1) EURIG

Helsinki (Finlande), 17 août 2012
Helsinki (Finlande), 17 août 2012

Il s’en passe des choses, et il s’en est passé… Énormément. Tellement qu’on ne peut pas tout dire à la fois.

Commençons par le travail qui s’effectue dans le cadre d’EURIG (European RDA Interest Group).

Documents transmis par EURIG au JSC

Suite à la réunion technique d’EURIG tenue à Paris le 27 janvier 2012, quatre propositions européennes d’aménagement de RDA, plus un « discussion paper » (i. e. un document exposant une problématique et indiquant des pistes de travail pour la résoudre) ont été transmis au JSC (Joint Steering Committee for Development of RDA). Les voici telles qu’elles se présentent sur le site du JSC :

6JSC/EURIG/1 Addition of examples in RDA 6.12.1.3 and 6.27.3 [.pdf]
6JSC/EURIG/2 Date of expression – Revision of RDA 6.10.1.1 and 6.10.1.3 [.pdf]
6JSC/EURIG/3 Language of expression – Revision of RDA 6.11, 6.11.1.3, 6.11.1.4, 7.12.1.3, 26.1.1.3 [.pdf]
6JSC/EURIG/4 Musical arrangements – Revision of RDA 6.18.1.4 and 6.28.3.2.1 [.pdf]
6JSC/EURIG/Discussion/1 Musical arrangements: discussion paper [.pdf]

Ces cinq documents ne représentent qu’une petite partie de la masse de tous ceux, émanant des « constituencies » du JSC ou d’organismes externes comme EURIG, qui vont être examinés par le JSC du 5 au 9 novembre prochains. 63 au total si j’ai bien compté. Ils figurent sur cette page qui recense les documents de travail soumis au JSC, ou qui en émanent (ceux qui vont être examinés à la réunion de novembre ont 6JSC en début de référence, et une date postérieure à mars 2012). Ils sont regroupés par rubriques selon leurs sources puis leurs références, chaque rubrique comportant le document initial et les réactions des autres organismes audit document (par exemple pour ceux d’EURIG).

Groupe de travail sur les « agrégats »

Toujours dans la continuité de la réunion technique de Paris, le groupe de travail sur les « agrégats » s’est réuni pendant le congrès IFLA de Helsinki en août dernier, autour de deux documents rédigés et défendus par la France (ABES & BnF), portant sur les mauvais traitements infligés dans RDA aux illustrations et aux compilations :

Les arguments développés reposent à la fois sur une analyse préalable [.pdf] de la problématique des agrégats par le FRBR Working Group on Aggregates et sur des considérations pratiques, nourries d’une expérience des données liées dans des catalogues tels que le Sudoc ou le catalogue général de la BnF.

Approuvés à Helsinki par le groupe de travail (dont la réunion était ouverte à de nombreux observateurs, membres d’EURIG ou non), les deux argumentaires ont dû être à nouveau présentés — et défendus — lors de la réunion officielle d’EURIG (Madrid, 21 septembre 2012). Ils sont dorénavant validés, et la France est chargée de les transformer en « discussion papers » à l’intention du JSC (pour présentation dans un an, à l’automne 2013).

Réunion EURIG de Madrid

Outre la discussion sur les documents relatifs aux agrégats, les membres d’EURIG ont discuté des réponses à apporter aux autres propositions d’évolution et « discussion papers » parvenus au JSC (cf. supra), du moins à ceux qui présentaient un enjeu.

À signaler parmi ceux-ci trois « discussion papers » développant un argumentaire résolument tourné vers le web de données, et illustrant le parti qu’on peut en tirer :

  • 6JSC/ALA/17 Machine-Actionable Data Elements in RDA Chapter 3: Discussion Paper
  • 6JSC/CILIP Rep/1 Machine-actionability and interoperability of RDA value vocabularies: a discussion paper
  • 6JSC/CILIP Rep/2 RDF representation of RDA relationship designators: discussion paper

Les réponses d’EURIG adressées au JSC sont visibles sur la page déjà citée au même titre que les autres (chercher la chaîne « EURIG response »).

Madrid (Espagne), 22 septembre 2012
Madrid (Espagne), 22 septembre 2012

——

Dans l’ensemble EURIG s’affirme comme un authentique lieu de discussion pour les partenaires européens (de ce point de vue les réunions de Helsinki et de Madrid ont confirmé le succès de la réunion de Paris), et comme une véritable force de proposition vis à vis du JSC, voire d’autres instances telles que l’ISSN, l’ISBD Review Group ou l’IAML.

Entrée en vigueur de RDA à la LC

Ce sera dans un an exactement, le 1er mars 2013.

À compter de cette date, toutes les notices produites à la Bibliothèque du Congrès devront être conformes à RDA. Voilà ce qu’on apprend à la lecture du plan de formation défini pour les catalogueurs de cette même bibliothèque, lequel débute dès juin 2012.

Autre information : les établissements « partenaires » de la LC dans la mise en œuvre de RDA (les bibliothèques nationales d’Allemagne, d’Australie, du Canada et de Grande-Bretagne, ainsi que les deux autres bibliothèques nationales des États-Unis, celle d’agriculture et celle de médecine) devront elles aussi mettre officiellement RDA en application à cette date au plus tard.

——

Jean Racine (1639-1699). Bérénice, acte IV scène 5 (extrait)

Compte-rendu de la réunion technique d’EURIG (Paris, 27 janvier 2012)

Le compte-rendu est en ligne (in English, .pdf) sur le site d’EURIG (European RDA Interest Group). Consulter aussi : Travaux internationaux sur RDA : État d’avancement (Réunion plénière du Groupe technique sur l’adoption de RDA en France, 10 février 2012) (.ppt).

19 pays européens représentés (et non 17 comme le dit le compte-rendu officiel) : Allemagne, Autriche, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Lettonie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchéquie, Vatican, plus le réseau ISSN International. Pour la France : la BnF et l’ABES.

Cette réunion est un succès. Elle conforte EURIG :

  • en tant que force de proposition : les demandes de modification ou d’aménagement des règles, les suggestions d’approfondissement de tel ou tel aspect de RDA, lorsqu’elles seront transmises au JSC (Joint Steering Committee for Development of RDA) le seront sous le couvert d’EURIG et non de tel ou tel organisme particulier,
  • en tant que structure de concertation entre ses membres (des groupes de travail thématiques EURIG ont été mis en place),
  • et en tant que partenaire d’autres groupes (le JSC au premier chef, mais aussi le FRBR Review Group, l’AIBM ou d’autres).

C’est aussi un succès français : le travail effectué en amont par le groupe technique sur l’adoption de RDA en France a servi de socle au document de travail préparé et communiqué à l’avance aux membres d’EURIG, de même qu’au diaporama (réalisé par nos collègues de la BnF) qui structurait l’ensemble des échanges. Les objections françaises ont été comprises, et la plupart du temps reprises (telles quelles ou amendées).

Dans les grandes lignes, les principales décisions sont les suivantes :

Pas de profil européen d’application de RDA

Les collègues européens estiment que les points de désaccord désormais endossés par EURIG ne doivent pas entrer dans un profil d’application régional mais qu’EURIG doit s’efforcer de les faire incorporer à la norme elle-même (y compris éventuellement à titre d’option). Ces points feront donc l’objet d’une demande de révision adressée rapidement au JSC, par EURIG.

Les profils d’application sont plutôt à élaborer par types de bibliothèque et/ou d’institution.

Mise en place d’un groupe de travail européen sur les « agrégats »

Pour faire court, un agrégat consiste en la réunion de plusieurs entités (FRBR) au sein d’une autre entité. Par exemple une anthologie, un CD réunissant des enregistrements d’œuvres différentes.

Le traitement des agrégats n’est pas satisfaisant dans RDA. Côté FRBR les choses n’étaient pas limpides non plus à vrai dire, mais le récent Rapport final du groupe de travail sur les agrégats du FRBR Review Group (12 septembre 2011) les clarifie. Ce rapport est en tout cas une bonne base de travail, dont se sert le groupe technique français dans son processus d’élaboration de la future norme. Le travail de clarification se poursuivra désormais dans le cadre d’EURIG, avec les participations de l’Autriche, de la France (BnF et ABES), de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Suède.

Internationalisation de RDA

Les partenaires européens considèrent qu’en dépit de quelques efforts louables, RDA reste très marqué par les traditions anglo-américaines. EURIG fera des propositions concrètes à ce sujet, notamment sur :

  • l’identification des noms de lieux, qui donne lieu à des traitements différents suivant les pays (actuellement dans RDA on écrit Douarnenez (France), mais Clayoquot Land District (B.C.), tout un chacun étant sensé savoir que B.C. désigne la province de Colombie britannique (British Columbia) qui se trouve au Canada)
  • le recours aux standards ou référentiels internationaux lorsqu’il en existe (listes IFLA de titres uniformes, Names of persons, etc.) ou à des outils tels que VIAF,
  • le respect des formes d’expression autres qu’anglo-saxonnes (maintien de l’article initial dans les titres, transcription des tonalités musicales conformes aux différentes traditions linguistiques, etc.)

Autres

D’autres propositions ont été retenues, parmi lesquelles :

  • Plus grande liberté dans la construction des points d’accès aux titres d’œuvre
  • Plus grande précision et amélioration de l’aide aux catalogueurs dans le choix de la date de l’expression
  • Réintroduction de l’élément langue originale (absent des FRBR et de RDA)

(Se reporter au compte-rendu pour la liste complète des propositions.)

Et maintenant

Parmi les propositions d’évolution de RDA dont le principe a été validé par EURIG, celles qui ne nécessitent qu’un travail de rédaction devraient être prêtes dès la fin mars pour être communiquées aux membres pour approbation. Leur texte définitif sera transmis au JSC qui devrait les examiner cet automne.

Un second ensemble de propositions, celles nécessitant soit un travail préalable au niveau d’EURIG (groupe de travail sur les agrégats par exemple), soit des navettes avec d’autres regroupements (FRBR Review Group, AIBM ou d’autres) pourraient aboutir en 2013.

Enfin une enquête visant à établir un état des lieux des projets d’application de RDA en Europe va être lancée incessamment.

Prochaine réunion fin septembre en Castille.

Un premier amour / Isabelle Aubret, chant ; Franck Pourcel, dir. ; Roland Valande, paroles ; Claude Henri Vic, musique. Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion, 1962. Captation : Concours Eurovision de la chanson, Luxembourg, 18 mars 1962.

Guide en RDA : un métier d’avenir

Berlin (Allemagne). Station de métro Alexanderplatz

Lors de sa réunion du 16 novembre 2011, le Groupe stratégique sur l’application de RDA en France a placé les actions de formation, et notamment celles portant sur les pré-requis, au rang de priorité.

Ce qu’apprenant, le sous-groupe Formation du Groupe technique sur l’application de RDA en France (ça va, tu suis ?) a décidé de constituer pour début 2012 un groupe d’une vingtaine de formateurs (et -trices) ad hoc. Des gens bien.

Pour en être, il faut (le texte qui suit est repris du site RDA en France) : 

  • [avoir] déjà une expérience pédagogique et une pratique confirmée des catalogues, et si possible la maîtrise des pré-requis.
  • s’engage[r] à assurer des actions de formation aux pré-requis (FRBR, RDF et web sémantique, RDA), selon la demande des établissements ou des organismes de formation (CNFPT, CFCB…). A noter que le Groupe stratégique soutient cette initiative et pourra, si nécessaire, inciter les directeurs d’établissements à favoriser la disponibilité nécessaire des collègues engagés dans ce dispositif.

Il est également précisé qu’ « afin d’assurer un maillage national satisfaisant », les formateurs devraient provenir « des différentes régions ».

Le groupe ainsi constitué devrait être réuni pendant deux journées consécutives en mars ou avril à la BnF, pour « [fixer] les contenus et [élaborer] en commun des supports pédagogiques de référence. Avec l’objectif de déployer ces formations à partir du second semestre 2012. »

Pour faire acte de candidature, s’adresser à Dominique Paquet, responsable du sous-groupe Formation (dominique.paquet@u-paris10.fr) ou à Françoise Leresche, responsable du Groupe technique (francoise.leresche@bnf.fr).

Alexanderplatz / Franco Battiato, chant, paroles et musique. 1989. Extraits du film Der Himmel über Berlin, Wim Wenders, réalisateur (1987).

« Préparer l’avenir » : la formation à RDA aux États-Unis

Ceci est la reprise à l’identique du texte du billet Demain RDA ? Un dispositif de formation US en béton posté par Laurent Piquemal sur le blog ABES formations.

HEAJ 2010 : Workshop "Data Mining / Data visualisation" par Marc Wathieu 
HEAJ 2010 : Workshop « Data Mining / Data visualisation » par Marc Wathieu sur Flickr

La bibliothèque du Congrès propose, sur un nouveau site dédié à RDA, un ensemble de ressources pédagogiques (cours, exercices et webographie). Le sous-groupe “Formation” du comité technique “RDA en France” ayant également le projet de proposer des formations, afin de sensibiliser et préparer les bibliothécaires à ce changement important, j’ai voulu étudier de plus près ces ressources américaines (c’est pour cela que j’ai mis un peu de temps avant de publier ce post !).

D’abord, il faut saluer l’initiative. Plus on s’intéresse en amont à RDA, moins traumatisant sera le changement, et plus doux sera l’apprentissage.

Ensuite, il faut apprécier le pragmatisme de la diffusion : proposés en format .ppt (et non .ppts), les diaporamas s’ouvrent directement en mode “commentaire”, ce qui les rend directement utilisable dans le cadre d’une formation de formateurs : on dispose du support, mais aussi du discours associé à chaque slide.

Enfin, il faut souligner l’approche très pédagogique de l’entreprise :

  • le plan du cours est constamment rappelé : on sait précisement où on se situe, et les séquences s’enchaînent naturellement ;
  • des slides de “conclusion” et de “révision” viennent clore chaque séquence, pour s’assurer de la bonne compréhension ;
  • de nombreux schémas illustrent les propos ;
  • des formules chocs viennent ponctuer le discours (“take what you see and accept what you get”) ;
  • l’accent est mis sur le vocabulaire : s’approprier RDA, c’est surtout s’approprier un nouveau langage.

C’est clair, ce programme de formation privilégie le côté pratique : il s’agit d’etre prêt à temps, et de ne plus accumuler le retard dans la formation professionnelle : le module 1, “Things you should know but were afraid to ask” (“Ce que vous devriez savoir mais n’avez jamais osé demander“) a pour mérite de déculpabiliser, sur un ton léger, les collègues qui auraient trop tardé à se renseigner sur RDA.

Le module 6, Preparing for RDA” (“Se préparer à RDA“) insiste sur le fait que se former, c’est aussi discuter avec les collègues, échanger. Il est également indiqué qu’il ne faut pas se laisser impressionner par le RDA ToolKit, et sa forme indigeste !

Et le module 7, qui liste les 12 principes à garder toujours à l’esprit, se révèle être une aide efficace.

Bien sûr, il y a des aspects qui peuvent décevoir, notamment le recours aux mêmes exemples d’un cours à l’autre, et des travaux pratiques vraiment insuffisants. L’approche des entités FRBR, si elle reste juste, étonne car elle diffère sensiblement de la nôtre (les américains partent de l’item pour remonter jusqu’à l’oeuvre, là où nous privilégions le contraire). Mais l’ensemble constitue un excellent parcours de formation, idéal pour anticiper le changement.

[L. P.]

RDA Toolkit Development Blog

Après le RDA Toolkit Blog, inauguré en mars 2011, voici le RDA Toolkit Development Blog.

En ligne depuis le 5 octobre, ce nouveau blog traite, comme on s’en douterait d’après son nom, du RDA Tookit lui-même en tant que site web et de son amélioration.

Il se présente aussi comme un lieu d’interaction avec les utilisateurs du Toolkit, notamment par l’intermédiaire du RDA Toolkit Virtual User Group, un webinaire périodique (une ressource continue électronique irrégulière, quoi).

Nouveau site sur RDA à la Bibliothèque du Congrès (États-Unis)

Le site RDA à la Bibliothèque du Congrès

Annonce de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, parue samedi 10 septembre :

The Policy and Standards Division, part of the Acquisitions and Bibliographic Access Directorate at the Library of Congress (Washington, D.C.), is launching a new website as the Library prepares for RDA.  The site is located at: http://www.loc.gov/aba/rda/.  There are links to training documents, presentations, exercises, and examples of records as well as to other RDA related sites.  Many more links will be added as items are created, edited, and updated as preparations for RDA proceed.  The page originally created for LC documentation related to the US RDA Test will no longer be maintained.  Links from that site will be migrated to the new site over time as appropriate.
 

C’est à dire :

« La Policy and Standards Division, dépendant de l’Acquisitions and Bibliographic Access Directorate à la Bibliothèque du Congrès lance un nouveau site web (http://www.loc.gov/aba/rda/) au moment où la LC se prépare pour RDA. On y trouve des liens vers des documents de formation, des présentations, des exercices et des exemples de notices ainsi que vers d’autres sites relatifs à RDA. De nombreux autres liens seront insérés au fur et à mesure que des ressources seront créées et mises à jour tout au long de cette période de préparation. La page créée à l’origine pour héberger la documentation de la LC relative au test de RDA mené aux États-Unis ne sera plus maintenue. Les liens qui s’y trouvent seront peu à peu migrés vers le nouveau site en tant que de besoin. »

Chais pas quoi faire !

Extrait de Pierrot le fou / Jean-Luc Godard, réalisateur. France, 1965.

Qu’est-ce que j’peux faire !
Chais pas quoi faire !
Qu’est-ce que j’peux faire !
Chais pas quoi faire !
Qu’est-ce que j’peux faire !
Chais pas quoi faire !

T’es pas la seule si ça peut te consoler.

Parce qu’à la lecture des interviews de fournisseurs de systèmes pour bibliothèques (Innovative, VTLS, BiblioMondo, Ex Libris, SirsiDynix etc.) ou de métadonnées (SkyRiver, OCLC) qui ont été publiées tout au long de l’été sur le blog du RDA Toolkit, on ne sent pas un mouvement franc, massif et enthousiaste, ni vers une FRBRisation effective des données, ni vers des solutions alternatives à MARC.

Savent pas trop quoi faire.

Les vendeurs considèrent globalement que MARC reste — et restera encore assez longtemps — un socle solide pour les catalogues de bibliothèques ; et que les données existantes, dont la masse est considérable, ne migreront vers d’autres formats que si le rapport coût / bénéfice penche clairement en faveur de ce dernier. Dans la plupart des systèmes les nouvelles zones définies en MARC21 pour RDA ont été déclarées, mais rarement avec les mécanismes de liens entre notices qui font l’intérêt des FRBR. 

Dans leur majorité, les fournisseurs interrogés semblent assez peu disposés à s’aventurer hors du rassurant format MARC, quittes à se contenter d’une FRBRisation générée par algorithmes à partir de données classiques.

Perplexité, attentisme. Savent pas quoi faire.