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L’été 11

Près de moi cette plage comble, cette révolution solaire dans le cercle du soleil.
Marguerite Duras (1914-1996). L’été 80 (1980).

Qu’est-ce qui se passe ?

On prépare l’avenir.

RDA en France (comité stratégique, groupe technique)

Comme on sait, le comité stratégique français sur RDA a estimé que les bibliothèques françaises ne pouvait pas appliquer RDA en l’état, mais qu’elles le feraient, un jour. Les bibliothèques nationales américaines sont arrivées à la même conclusion. Elles ont assorti leur décision de la liste assez précise des points à revoir, et d’un calendrier prévisionnel de révision, point par point : 18 mois tout compris. De sorte qu’au 1er janvier 2013, à condition que les révisions prescrites aient été menées à bien, RDA pourrait être applicable en Amérique.

Contrairement aux bibliothèques américaines, le comité français n’est pas entré dans le détail d’un calendrier, c’était pour lui une impossibilité vu qu’il doit tenir compte des faits et gestes des véritables protagonistes. La 2e réunion dudit comité est programmée pour le 16 novembre prochain (sainte Marguerite).

Le groupe technique « RDA en France » travaille dorénavant en sous-groupes, certains ayant déjà fonctionné pendant environ 2 mois :

  • Description des Manifestations (i.e. mise à jour des normes françaises de description, à partir de l’ISBD intégré et de RDA)
  • Formation
  • Modèle de données et évolution des SID (chargé notamment des réunions avec les éditeurs de systèmes)

d’autres commençant en septembre :

  • FRBRisation
  • Notices d’autorité pour les Collectivés et les Lieux
  • Notices d’autorité pour les Œuvres
  • Notices d’autorité pour les Personnes et les Familles

Le sous-groupe FRBRisation est chargé de définir les contours des entités FRBR du groupe 1, pour l’usage français. C’est un point important, car la BnF et l’ABES doivent dès que possible expérimenter la FRBRisation de leurs catalogues respectifs, selon le scénario 1 d’implémentation de RDA / FRBR.

(Soit dit en passant ces groupes de travail sont ouverts : à bon entendeur…)

Voir : Groupe technique sur l’adoption de RDA en France

Comité français UNIMARC

Le plan de travail est établi. Il consiste essentiellement à passer les données codées aux cribles des FRBR et de RDA : une tâche périlleuse, acrobatique et forcément angoissante. Forcément. Le CfU espére pouvoir présenter ses propositions à la prochaine réunion régulière du PUC (Permanent UNIMARC Committee), en mars 2012.

UNIMARC sera alors le plus beau format du monde. Une merveille. Lorsqu’il mourra, ce sera dans la gloire de sa dernière splendeur.

Bologne (Italie), juillet 2011. Vitrine d'une librairie Des livres pour l’été.

À l’étranger

On suivra attentivement les annonces, les communications, les débats qui se produiront dans le cadre du prochain congrès de l’IFLA — à Puerto Rico, au bord de l’eau.

Et bon été !

2e réunion avec les éditeurs de systèmes informatisés

Mercredi 8 juin, à la bibliothèque Buffon à Paris (de l’autre côté de la rue : le Museum, ses squelettes) avait lieu la 2e réunion GE6/CfU/FULBI avec les éditeurs de systèmes informatisés. La première s’était tenue le 25 novembre 2010, un jeudi.

Tu ne sais pas ce que c’est, le GE6, le CfU, le FULBI ? GE6, c’est le groupe d’experts qui fait évoluer les règles de catalogage dans le cadre de l’AFNOR, et qui s’est provisoirement transformé en groupe technique « RDA en France » ; le CfU, c’est le Comité français UNIMARC, et la FULBI la Fédération des utilisateurs de logiciels pour bibliothèques, documentation & information.

Au programme :

  • point sur le processus de choix d’un nouveau code de catalogage (Françoise Leresche, GE6)
  • impacts sur les formats UNIMARC (Philippe Le Pape, CfU)
  • présentation d’un projet enquête sur les pratiques de récupération de données bibliographiques par les bibliothèques et sur les utilisations qui en sont faites (Philippe Bourdenet, FULBI)
  • questions / réponses

La plupart des fournisseurs opérant sur le marché français, grands et petits, était venue.

Françoise Leresche a essentiellement rappelé que le comité stratégique considère indispensable la FRBRisation des catalogues, et ceci en privilégiant le « scénario 1 » (voir ici pour la version complète et officielle, ou les trois diapos citées plus bas) ; que RDA, vers lequel il faut aller, n’est pas applicable en France en l’état, et qu’il faut mettre à jour nos normes en les modelant sur les FRBR et FRAD tout en les rendant compatibles avec RDA pour le jour où.

RDA / FRBR -- Scénario 1 
RDA / FRBR -- Scénario 2 RDA / FRBR -- Scénario 3

Les adaptations nécessaires — du moins les plus importantes — ont été pratiquées dans le format UNIMARC : voir la présentation FRBR en UNIMARC. Celles restant à élaborer (avant-dernière diapo de la présentation) sont au programme de travail du CfU, qui vise une validation pour mars 2012. Cela malgré le déclin annoncé des formats MARC, car à l’évidence le besoin de formats d’échange traditionnels perdurera pendant une bonne dizaine d’années (davantage selon certains éditeurs).

La dernière intervention, par Philippe Bourdenet, présentait un projet d’enquête, une esquisse déjà assez détaillée, qui sera proposée aux bibliothèques à la rentrée. On en reparlera certainement ici.

Les questions des éditeurs, de manière assez inattendue, ont beaucoup porté sur la formation à des pré-requis qui restent à définir (c’est le travail d’un sous-groupe ad hoc du GE6, qui se réunissait l’après-midi même). Autre sujet de préoccupation : celui des calendriers. Quand la BnF proposera-t-elle des données FRBRisées ? (Beaucoup moins de curiosité vis-à-vis de l’ABES, peut-être parce que le réseau de l’enseignement supérieur est perçu comme très structuré grâce au Sudoc ?) Et dans quel(s) format(s), selon quelles spécifications ? C’est comme s’il était impossible, ou aventureux, de développer quoi que ce soit avant de le savoir précisément, malgré l’affirmation réitérée que les échanges de données FRBRisées auraient lieu en UNIMARC, outre d’éventuels autres formats de mise à disposition ou d’exposition sur le web. On sent le désir de proposer des produits adaptés aux nouveaux besoins, et la crainte du risque mal évalué. La période est mauvaise, comme on sait.

Qui vivra verra.

Au Museum d'histoire naturelle, Paris Photo Gilles Couteau