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Journée d’étude AFNOR CN46 / BnF : La Transition bibliographique aujourd’hui.

  • 21 avril 2015

Bibliothèque nationale de France (Paris), décembre 2014
Bibliothèque nationale de France (Paris). Photo Ph. Le Pape

La traditionnelle et annuelle journée d’étude organisée conjointement par la BnF et la Commission de normalisation Information et documentation (CN46) de l’Afnor aura cette année pour thème « La Transition bibliographique aujourd’hui : la préparer et la mettre en œuvre dans les bibliothèques, les archives, les musées, etc. »

Le chaland est induit en tentation sur la page de présentation de la journée (site de la BnF), voici comment :

L’adoption d’un nouveau code de catalogage se profile dans les bibliothèques et donne l’occasion de faire le point sur les nouvelles exigences normatives : quelles seront les modalités françaises d’application de RDA ? Concrètement, comment basculer d’un modèle de description des ressources à l’autre ? Dans quelle mesure cette transition ouvre-t-elle des opportunités d’alignement entre métadonnées culturelles ?

Des témoignages viendront éclairer les enjeux du signalement 3.0 au sein des différentes communautés professionnelles, pour un meilleur service auprès des utilisateurs.

On trouvera sur la même page le programme détaillé de cette journée de rêve, qui tombe à point nommé alors que l’organisation de l’ancien groupe « RDA en France » a connu récemment un profond remaniement (voir le billet Un chapeau en forme de Transition bibliographique) et que la publication des tous premiers chapitres de la « Transposition française de RDA » (« RDA-FR » pour ceux qui ne tarderont pas à en devenir les intimes) aura probablement eu lieu.

Réservez donc votre vendredi 26 juin 2015.
Lieu : à la BnF (Petit Auditorium, Site François-Mitterrand 75013 Paris).

Entrée libre sur inscription préalable (site de l’Afnor).

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Un chapeau en forme de Transition bibliographique

  • 17 novembre 2014

Nefertari Merit-en-Mut (Nefertari mon amour), par Dario-Jacopo Laganà sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Nefertari Merit-en-Mut (Nefertari mon amour), par Dario-Jacopo Laganà sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

« Transition énergétique », « transition numérique », « transition écologique », transition ceci ou cela, la transition est à la mode. Notre époque semble désireuse de manifester qu’elle est celle du passage d’un état à un autre encore indéfini, c’est à dire celle de l’instabilité, de l’inconfort. Du trouble peut-être.

Nouvelle expression de ce sentiment d’entre-deux : « RDA en France » devient « Transition bibliographique ». Ou pour être plus précis, le nom « RDA en France » ne désigne plus désormais que le groupe chargé de rédiger la norme française de transition [sous-entendu : vers RDA]. Les groupes « Formation » et « Systèmes et données », jusqu’à présent sous-groupes de « RDA en France »  deviennent autonomes.

« RDA en France » nouvelle formule, « Formation » et « Systèmes et données » sont collectivement coiffés d’ « un chapeau en forme de Transition bibliographique » pour reprendre textuellement la formule employée par Gildas Illien (directeur de l’IBN/BnF) lors de la réunion Abes/BnF au cours de laquelle le nouveau dispositif a été élaboré.

L’ancien Groupe stratégique « RDA en France » avait voulu, par sa large composition, associer au projet un grand nombre de partenaires potentiels. Sans grand succès. Il disparaît donc au profit d’une structure beaucoup plus légère, réduite aux seuls périmètres de l’Abes et de la BnF. L’information des partenaires extérieurs à ces deux établissements s’effectuera par d’autres voies.

Quant à la norme elle-même, une grande nouveauté : il n’est plus question de la publier comme un tout une fois rédigée dans sa totalité, mais progressivement, au fur et à mesure de l’achèvement de blocs cohérents, plus ou moins volumineux. Ceci dès le printemps 2015 (ce sera en particulier le cas des éléments Forme du contenu, Type de médiation — récemment mis en production dans le Sudoc —  et Type de support). Ladite norme, qui reprendra les règles de RDA chaque fois que c’est possible, devrait être publiée gratuitement sur le site de l’Afnor, sous le nom de Transposition française de RDA (en abrégé : RDA-FR).

On trouvera ci-dessous le document complet (les « éléments de langage » comme on dit dans le grand monde, ou, plus chic encore, les « EDL ») validé et publié sous le double timbre de l’Abes et de la BnF, qui précise tout cela.

………

Logo BnF………………………………………………………………………………Logo Abes

De RDA en France à la Transition bibliographique

préconisations de l’ABES et de la BnF pour favoriser l’évolution des catalogues nationaux vers le web des données liées

Dans le domaine du catalogage, le défi fondamental auquel les bibliothèques sont confrontées est l’exposition et la visibilité de leurs collections et de leurs métadonnées sur le web. Pour atteindre cet objectif, la France s’est intéressée au code de catalogage RDA (Ressources : Description et Accès) initié par les instances anglo-américaines du JSC [Comité conjoint de pilotage où siègent notamment la Bibliothèque du Congrès, la British Library, la BN d’Australie et la DNB], dont les deux grandes promesses sont les suivantes :

– mieux répondre aux attentes des usagers grâce à l’implémentation du modèle FRBR, qui permet le regroupement par œuvres des ressources (imprimées ou numériques) et des recherches plus intuitives ;
–    gagner en interopérabilité avec les réservoirs de données d’autres communautés afin de répondre à la nécessité économique d’un meilleur partage des tâches de production et d’enrichir les services proposés.

Une première analyse a montré que le code RDA ne répondait pas encore à ces attentes et que son adoption en l’état serait plus coûteuse que bénéfique pour les établissements. Le groupe technique RDA en France, qui travaille dans le cadre de l’AFNOR/CN46-9/GE6 a donc été mandaté pour :

–    établir des règles françaises de transition permettant de faire évoluer les pratiques actuelles de catalogage vers le modèle FRBR sans régression majeure par rapport aux règles existantes ;
–    contribuer aux travaux de l’organisation européenne EURIG [Groupe d’intérêt européen sur RDA] en soumettant à sa validation des propositions d’évolution de RDA à destination du JSC ;
–    mener un travail de formation et de sensibilisation auprès de la communauté française des professionnels de la documentation afin d’accompagner le changement;
–    conseiller les bibliothèques en cours de ré-informatisation et les sensibiliser aux points de vigilance à considérer afin que les solutions retenues puissent évoluer dans le futur.

L‘important travail mené depuis trois ans par le groupe technique et les expériences de FRBRisation réalisées par différentes bibliothèques permettent aujourd’hui de dresser le bilan suivant :

  • Concernant la diffusion des données : indépendamment des règles de catalogage et malgré les limites des systèmes actuels, des bibliothèques ont déjà entrepris de diffuser en RDF une partie de leurs données, parfois partiellement FRBRisées, en utilisant les technologies du web sémantique (l’ABES et la BnF s’inscrivent dans ce mouvement via les initiatives IdRef et data.bnf.fr).
  • Concernant la production des données : les formats actuels ne permettent pas une exploitation optimale du modèle FRBR. Il est cependant déjà possible de rendre les métadonnées de bibliothèque davantage interopérables et mieux adaptées au web en faisant évoluer certaines pratiques (via, par exemple, les nouvelles consignes du Sudoc vers la FRBRisation), mais aussi certains éléments des règles françaises de catalogage, sans en attendre une révision complète.
  • Concernant les systèmes : la diffusion de données FRBRisées et l’introduction progressive de nouvelles règles incitent à maintenir un dialogue régulier avec les administrateurs et les éditeurs de systèmes de bibliothèques afin qu’ils puissent suivre ces évolutions.
  • Concernant la formation : les organismes de formation professionnelle doivent tout à la fois mener des actions de sensibilisation aux enjeux stratégiques (maîtrise des données, organisation du travail, évolution des métiers) de la transition engagée (à destination des décideurs) et poursuivre les actions de formation pratique déjà entreprises (à destination des catalogueurs).

Ce bilan conduit à réviser l’ambition initiale qui concentrait l’essentiel des efforts conduits par les experts français sur la rédaction de nouvelles règles complètes dans des délais contraints (objectif initial : 2015) qui s’avèrent irréalistes : il est possible et préférable d’avancer progressivement mais concrètement vers la FRBRisation des catalogues sans attendre le grand soir de l’adoption de RDA. Cette approche conduit à ajuster l’organisation de travail existante au sein de RDA en France, renommé « Transition bibliographique » afin d’inscrire la problématique de l’évolution des règles de catalogage dans un plus large mouvement d’évolution qui nécessite une démarche d’ensemble d’accompagnement au changement dans les établissements.

Transition bibliographique : organisation du travail

Pilotage et concertation

Le comité stratégique bibliographique (CSB) assure les missions jusque-là exercées par le groupe stratégique RDA en France. Les pilotes des trois groupes de travail «Normalisation», «Formation», «Systèmes et données» assurent collégialement la coordination des travaux techniques. Ils échangent sur les résultats de leurs travaux et leurs interactions dans une instance transverse, réunie périodiquement en assemblée plénière, et traitant des différents aspects de la «Transition bibliographique» (évolution des règles, FRBRisation, web sémantique…). Ce terme doit servir également de nom au nouveau site web où sont diffusées l’information et les ressources utiles issues des travaux des groupes. Les pilotes des groupes rendent directement compte de leurs travaux aux directeurs des deux agences bibliographiques, co-pilotes de cette initiative, qui assurent la liaison avec leurs tutelles respectives réunies au sein du CSB. La concertation est maintenue avec les entités qui siégeaient précédemment au groupe stratégique (AFNOR, représentants d’associations professionnelles, d’organismes de formation, d’éditeurs de SI), notamment via leur participation accrue aux travaux de chacun des groupes.

Missions des trois groupes

1.  Groupe « Normalisation (pour l’adoption de RDA en France) »

Le groupe Normalisation, piloté par Françoise Leresche, est composé de 5 sous-groupes :

  • « FRBRisation », piloté par Philippe Le Pape ;
  • « Description des Manifestations » piloté par Françoise Leresche ;
  • « Données d’autorité sur les Œuvres et les Expressions » piloté par Aline Locker ;
  • « Données d’autorité sur les Personnes et les Familles », piloté par Vincent Boulet ;
  • « Données d’autorité sur les Collectivités », piloté par Anila Angjeli.

Ces deux derniers sous-groupes travaillent conjointement avec le GE4 « Données d’autorité » de l’AFNOR/CN46-9/GE4 afin de garantir l’interopérabilité avec d’autres communautés professionnelles du secteur culturel, notamment les communautés archivistiques.

Le groupe Normalisation mène de front deux actions principales :

  • Il rédige la norme française de transition en utilisant la structure et les éléments de rédaction du code RDA chaque fois que possible. A ce titre, il contribue également à la rédaction des propositions portées par EURIG auprès du JSC pour faire évoluer le code RDA lorsque celui-ci présente des limitations, notamment par rapport aux enjeux de FRBRisation et d’interopérabilité.
  • Il propose des évolutions intermédiaires, en avance de la publication de la norme de transition, qui répondent à des besoins concrets urgents, et émet des consignes de catalogage. A ce titre, les responsables de chacun des sous-groupes du groupe Normalisation travaillent avec le groupe Formation à la rédaction de consignes et documents pédagogiques qui font l’objet de déclinaisons, entre autres, dans le Guide pratique du catalogueur publié par la BnF et dans le Guide méthodologique du Sudoc

Afin de garantir que les nouvelles règles répondent bien à l’ensemble de la communauté des bibliothèques en France, il est nécessaire que des représentants des différents types de bibliothèques (lecture publique et ESR) contribuent aux travaux de ce groupe et viennent renforcer l’équipe actuelle. Des actions de sensibilisation et de pédagogie seront conduites en ce sens par l’ABES et la BnF, notamment en direction des directeurs d’établissement et des associations professionnelles.

2.  Groupe  « Formation », piloté par Géraldine Lucerna

  • Il poursuit le travail de sensibilisation et de formation aux enjeux de l’évolution des catalogues et des règles de catalogage (FRBRisation, web sémantique…).
  • Il travaille d’une part avec le groupe « Normalisation » à la publication régulière de nouvelles règles de catalogage anticipant l’application de la norme de transition complète, et d’autre part avec les organismes de formation à la mise en place de formations ad hoc.

Le groupe ne traite pas seul des enjeux plus stratégiques et managériaux relatifs à l’évolution des métiers  et à l’organisation nationale du travail, qui peut relever d’autres instances en concertation avec les associations professionnelles en particulier.

3.  Groupe « Systèmes et données », piloté par Philippe Bourdenet

  • ll apporte de l’information à deux types de publics:
  • les administrateurs de SIGB des bibliothèques, d’une part en établissant des préconisations génériques utiles dans le cas notamment de projets de ré-informatisation, et d’autre part en précisant les éventuelles implications techniques sur le paramétrage des systèmes  des nouvelles règles de catalogage édictées progressivement;
  • les éditeurs de SID, d’une part en précisant les implications des nouvelles règles de catalogage sur les formats, et d’autre part en apportant des précisions sur les jeux de données FRBRisées mis à disposition par certains établissements, en particulier les agences bibliographiques.
  • Il assure un travail de veille sur les expériences menées par les éditeurs de SID ou les bibliothèques en matière d’évolution des données, et notamment de FRBRisation, en renvoyant vers le compte rendu de ces expériences sur d’autres sites ou en invitant les expérimentateurs à faire part de leurs retours et cas d’usage sur un site collaboratif dédié.

Le groupe « Systèmes et données » maintient par ailleurs le site web « transition-bibliographique», hébergé par l’ENSSIB, qui prend la relève du site « RDA en France ».

Schéma cible d’organisation

Transition bibliographique (France). Organisation en novembre 2014

………

Melech Mechaya | Chapéu preto. Arlindo Duarte Carvalho (aussi connu sous le nom de : Arlindo de Carvalho), paroles & musique ; Melech Mechaya, arrangements ; Melech Mechaya, ensemble instrumental et vocal. Extrait de l’album Aqui em baixo tudo é simples / Melech Mechaya, [Portugal], Ponto Zurca, 2011.
Vidéo : Ivo Cordeiro, réalisation. 2012.

Ó que lindo chapéu preto
Naquela cabeça vai.
[Ó que lindo rapazinho,
Para genro do meu pai.]
Diz-me lá, ó cara linda,
Como vais de amores novos.

Oh le joli chapeau noir
Qui passe là sur cette tête !
[Oh le joli garçon
Oh le beau gendre pour mon père !]
Dis-moi jolie frimousse
Comment vont tes amours…

Le malentendu RDA (employé pour : AACR3 ?)

  • 14 octobre 2013

Stockholm (Suède), 19 septembre 2013
Stockholm (Suède), 19 septembre 2013

La réunion annuelle des membres d’EURIG s’est tenue fin septembre à Stockholm, jolie ville impeccable, où même les éléments d’architecture authentiquement très anciens ont l’air d’avoir été exécutés avec un soin minutieux dans les années 1980. Nous étions confortablement reçus à la Bibliothèque royale, Kungliga biblioteket, et gratifiés à de fréquents intervalles de carrés de pain de mie avec des choses dessus (à manger).

On prendra connaissance du compte-rendu de la réunion, dressé par Françoise Leresche (BnF), sur la page du site RDA en France consacrée aux travaux internationaux relatifs au RDA.

Cette réunion d’EURIG était la première depuis l’entrée en vigueur du RDA comme code de catalogage dans un certain nombre de bibliothèques d’envergure, parmi lesquelles la LC [Library of Congress] et la BL [British Library]. Trop tôt sans doute pour un premier bilan (qui n’était d’ailleurs pas à l’ordre du jour).

Cependant, au cours de la réunion, quelqu’un — Daniel van Spanje, représentant à la fois OCLC-Leiden et le réseau des bibliothèques de lecture publique néerlandaises — a dit qu’il faudrait quand même savoir à partir de quand une notice pouvait être labellisée RDA, vu que celles produites par la LC (il aurait pu dire la même chose de celles de la BL) ne comportent pas l’identification des œuvres, alors que cet élément est core (fondamental, et donc obligatoire). Ça me rappelle quelque chose… (cf. Journées Abes 2013). Sans cet élément (et pour ma part j’ajouterais : sans l’identification de l’expression, mais RDA n’en fait pas obligation), les notices bibliographiques ne sont pas FRBRisées. Certes la feue indication générale du type de document (élément présent dans les AACR2 et les anciennes éditions de l’ISBD) est dûment remplacée dans les notices MARC par des zones exprimant la forme du contenu, le type de médium et le type de support, mais pour le reste, en dehors de quelques nouveautés, rien n’a fondamentalement changé. C’est-à-dire qu’on est passé, dans ces établissements, des AACR2 à… des AACR3.

Cette carence flagrante de l’identification de l’œuvre nuit à la réputation du RDA : elle laisse penser que le code est impossible à appliquer. Et pas parce que la LC, la BL et les autres travaillent toujours en MARC : il est parfaitement possible, même en MARC, d’identifier l’œuvre, que ce soit au moyen d’une zone de lien, ou par une simple zone textuelle (puisque la LC ne fait pas de liens entre notices). Est-ce que cela, s’autoriser à négliger un des éléments fondamentaux du RDA (le plus fondamental de tous, celui qui dit clairement : on applique le modèle FRBR), n’est pas une manière d’avouer : RDA: no we can’t ?

Quant aux bibliothèques françaises relevant du réseau de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, compte tenu du projet SGBM qui démarre, il leur faut assez vite traiter la question : RDA, ou pas RDA ?

En faveur du RDA :

  • le code, à tort ou à raison, marque des points au niveau international grâce à un travail incessant de communication qui fonctionne. Dans plusieurs pays on considère que puisque le RDA est porté par la LC, il s’impose de facto comme code international, et qu’il n’y a pas à tergiverser. C’est le cas en Allemagne, où la décision de retenir le RDA est prise de longue date (alors qu’on n’y applique pas les AACR2, mais un ensemble de règles spécifiques, utilisé aussi en Autriche, les RAK). Prévue initialement pour 2013, l’entrée en vigueur du RDA y a été repoussée à 2015.
  • Le RDA est bien représenté dans l’Open Metadata Registry, ce qui rend ses éléments, vocabulaires, etc. disponibles pour l’expression des métadonnées en RDF. (Le modèle FRBR et l’ISBD — qui ne traite que de la description des ressources, c’est-à-dire, grosso modo, de la manifestation FRBR — sont dans le même cas.)

En défaveur du RDA :

  • Le code est encore incomplet (l’indexation matières n’est toujours pas traitée ; des travaux sont en cours à ce sujet)
  • On peut être sceptique sur son aptitude à réellement produire des métadonnées FRBRisées, soit parce qu’il est difficile à appliquer (cf. supra), soit pour des raisons plus profondes (voir le billet FRBR : de l’expression bordel !)
  • Sans identification de l’œuvre, le RDA ne présente guère d’avancées significatives par rapport à un ensemble de règles qui serait constitué de l’ISBD intégré et du reste des règles françaises actuelles (choix et structure des points d’accès).

Si RDA, des questions devront être réglées avant de s’y lancer, parmi lesquelles :

  • Le RDA ménage beaucoup d’options d’application : les choix doivent être opérés et consignés dans une sorte de profil d’application destiné à un contexte d’utilisation spécifique (par exemple : les bibliothèques du réseau Sudoc). Qui rédigera ce profil ? Si c’est l’Abes : quand, et avec quels moyens humains ?
  • Il y aura lieu de former les catalogueurs au nouveau code, dont l’organisation interne n’a rien à voir (rien à voir) avec celle des règles françaises actuelles. Ce point est délicat : il faudra d’abord constituer un vivier national de formateurs qui devront donc acquérir les connaissances nécessaires, puis mettre en place des sessions dans les CRFCB. La question se pose en particulier pour l’Abes, dont aucun agent ne dispose actuellement de l’expertise nécessaire.
  • La question de la formation amène celle de l’aide au catalogage, et de la maintenance de l’éventuel profil d’application qui aura été défini (cf. supra). Ces tâches devraient en toute logique incomber à l’Abes. Il faudra donc en définir les conditions. Quid du réseau Sudoc actuel ? L’Abes devra-t-elle mener en parallèle l’aide au catalogage selon les normes actuelles (et la maintenance du Guide méthodologique) et l’équivalent pour le RDA ? Ou bien sera-ce le RDA pour tout le monde ? (On boucle alors sur la question de la formation, qui devient une opération à grande échelle).
  • Une autre question mérite d’être posée : quel sera le périmètre documentaire de l’utilisation du RDA ? Les seules ressources « analogiques », dont l’importance relative décline au profit des ressources électroniques ? Ou bien… ?

En cas d’adoption rapide du RDA dans le réseau des BU (je dis BU pour faire court), il y aurait en outre lieu de réexaminer les conditions de la participation de celui-ci au projet RDA en France (dont le groupe stratégique était jusqu’au départ de Raymond Bérard pour l’INIST présidé par le directeur de l’Abes, et dans le cadre duquel il a été décidé de ne pas appliquer RDA dans l’immédiat).

En résumé : une décision d’appliquer RDA pour faire comme tout le monde (ce qui peut se justifier) aurait un prix, qu’il vaudrait mieux évaluer avant d’avoir à le payer.

Ceci sans préjudice de l’utilisation ou non de BIBFRAME lorsqu’il sera stabilisé.

………………

L’an prochain, la réunion EURIG aura lieu à Vienne, patrie du Wiener Schnitzel et de la Sachertorte — et capitale du seul pays au monde capable de rivaliser avec la France en matière de pâtisserie.

Et c’est bientôt Noël.

RDA en France : lancement d’une enquête nationale sur l’informatisation en France

La mise en œuvre du modèle FRBR dans les catalogues et l’exposition sur le Web des données bibliographiques, impliquent des évolutions structurelles importantes.

C’est pourquoi  le Groupe stratégique sur l’adoption de RDA en France en association avec la FULBI (Fédération des utilisateurs de logiciels pour bibliothèques et centres de documentation) vous proposent de participer à une enquête qui permettra de dresser un état des lieux sur l’informatisation des bibliothèques en France.

Cette enquête s’adresse aux directeurs d’établissement et/ou aux responsables techniques, administrateurs de SIGB des établissements.

L’enquête est ouverte du 1er au 30 mars 2012.

Les résultats de l’enquête seront publiés sur le site du Groupe technique AFNOR GE6 http://rda-en-france.enssib.fr/  ainsi que sur celui de la FULBI  

Accéder à l’enquête : http://enquete-afnorge6-cfu.fulbi.fr/accueil.html

Nous vous recommandons vivement d’y participer afin que l’état des lieux soit le plus fidèle possible à la réalité et vous remercions pour votre précieuse collaboration.

L’enquête a été élaborée par le sous-groupe travaillant sur l’impact de l’adoption de RDA en France sur les systèmes informatisés des bibliothèques.

Maigret tend un piège. Bande annonce. Réalisation Jean Delannoy. France, 1958.

L’été 11

Près de moi cette plage comble, cette révolution solaire dans le cercle du soleil.
Marguerite Duras (1914-1996). L’été 80 (1980).

Qu’est-ce qui se passe ?

On prépare l’avenir.

RDA en France (comité stratégique, groupe technique)

Comme on sait, le comité stratégique français sur RDA a estimé que les bibliothèques françaises ne pouvait pas appliquer RDA en l’état, mais qu’elles le feraient, un jour. Les bibliothèques nationales américaines sont arrivées à la même conclusion. Elles ont assorti leur décision de la liste assez précise des points à revoir, et d’un calendrier prévisionnel de révision, point par point : 18 mois tout compris. De sorte qu’au 1er janvier 2013, à condition que les révisions prescrites aient été menées à bien, RDA pourrait être applicable en Amérique.

Contrairement aux bibliothèques américaines, le comité français n’est pas entré dans le détail d’un calendrier, c’était pour lui une impossibilité vu qu’il doit tenir compte des faits et gestes des véritables protagonistes. La 2e réunion dudit comité est programmée pour le 16 novembre prochain (sainte Marguerite).

Le groupe technique « RDA en France » travaille dorénavant en sous-groupes, certains ayant déjà fonctionné pendant environ 2 mois :

  • Description des Manifestations (i.e. mise à jour des normes françaises de description, à partir de l’ISBD intégré et de RDA)
  • Formation
  • Modèle de données et évolution des SID (chargé notamment des réunions avec les éditeurs de systèmes)

d’autres commençant en septembre :

  • FRBRisation
  • Notices d’autorité pour les Collectivés et les Lieux
  • Notices d’autorité pour les Œuvres
  • Notices d’autorité pour les Personnes et les Familles

Le sous-groupe FRBRisation est chargé de définir les contours des entités FRBR du groupe 1, pour l’usage français. C’est un point important, car la BnF et l’ABES doivent dès que possible expérimenter la FRBRisation de leurs catalogues respectifs, selon le scénario 1 d’implémentation de RDA / FRBR.

(Soit dit en passant ces groupes de travail sont ouverts : à bon entendeur…)

Voir : Groupe technique sur l’adoption de RDA en France

Comité français UNIMARC

Le plan de travail est établi. Il consiste essentiellement à passer les données codées aux cribles des FRBR et de RDA : une tâche périlleuse, acrobatique et forcément angoissante. Forcément. Le CfU espére pouvoir présenter ses propositions à la prochaine réunion régulière du PUC (Permanent UNIMARC Committee), en mars 2012.

UNIMARC sera alors le plus beau format du monde. Une merveille. Lorsqu’il mourra, ce sera dans la gloire de sa dernière splendeur.

Bologne (Italie), juillet 2011. Vitrine d'une librairie Des livres pour l’été.

À l’étranger

On suivra attentivement les annonces, les communications, les débats qui se produiront dans le cadre du prochain congrès de l’IFLA — à Puerto Rico, au bord de l’eau.

Et bon été !

La France et RDA

L’opportunité d’appliquer RDA en France, et de retenir ce code comme standard national, est évaluée dans le cadre de la CG46 (Commission générale Information et documentation).

Un groupe technique, animé par Françoise Leresche (BnF), instruit le dossier. Il travaille depuis septembre 2010 dans les directions suivantes :

  • analyser les règles avec précision
  • proposer éventuellement un schéma d’implémentation de RDA à adopter en France
  • évaluer les impacts sur les SIGB et les catalogues existants
  • évaluer les impacts sur les échanges et la récupération de notices
  • évaluer les besoins en formation
  • évaluer les coûts

Le premier point du programme a été épuisé, et a fourni la matière d’un premier rapport d’étape remis au comité stratégique (décisionnel) présidé par Raymond Bérard (ABES), qui s’est réuni à Paris le 25 mars dernier. Compte tenu des quelques réserves formulées par le groupe technique (voir Présentation RDA aux Journées ABES 2011, diapos 30 à 32), 5 options étaient proposées. L’image ci-dessous les récapitule et illustre la feuille de route retenue par le comité stratégique :

Diapositive 40 : l'option retenue (extrait de la présentation "La longue route vers RDA" aux Journées ABES 2011) 
Diapositive 40 : l’option retenue (extrait de la présentation La longue route vers RDA aux Journées ABES 2011).)

C’est à dire : préparer une future adoption de RDA (jugé non applicable en l’état), en recherchant si possible une convergence européenne.

Plus de détails dans de prochains billets !