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Pour la 2012e fois

— Qu’est-ce qu’on pourrait dire ?
— À qui ?
— À tout le monde, à ceux qui sont là à regarder leur écran. Pour leur souhaiter la bonne année tu sais ? Ça se fait en principe.
— Ouh tu te lances là-dedans… ça va être dur ! Tu peux quand même pas leur faire avaler n’importe quoi, qu’est-ce que tu vas leur dire ?
— C’est ce que je suis en train de te demander.
— Je sais pas moi… Tu pourrais pas mettre un truc comme « Et par le pouvoir d’un mot / Je recommence ma vie / Je suis né pour te connaître / Pour te nommer » ?
— Nommer quoi ?
— Eh ben, FRBR
— T’es malade. De toute façon ça rime pas et ça fait une syllabe en trop.
— Bon, RDA alors.
— C’est complètement nullissime, personne ne va recommencer sa vie par le pouvoir de ce mot-là, t’es complètement à la masse, si t’as rien d’autre à proposer que des conneries pareilles…
— Mais moi j’essaie d’aider c’est tout ! … Et avec « Il se peut que depuis tout à l’heure le rhinocéros ait perdu une de ses cornes », tu pourrais faire quelque chose peut-être non ?
— Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse, de ça ? En plus on part sur du négatif là. Je peux pas souhaiter bonne année aux gens en leur disant que si ça se trouve il manque une corne !
— Ah bon, c’est vrai qu’il manque une corne ?
— Mais la question n’est pas là ! Je voudrais juste savoir comment faire pour souhaiter bonne année aux gens !
— Eh ben t’as qu’à leur dire !
— Leur dire quoi ?
— Ben ça, bonne année !
— T’as ptêt raison au fond.

Bonne année, tout le monde !

— J’y crois pas trop. Je la sens pas moi cette 2012.
— Ouais. Ça sera toujours mieux que 2013 à mon avis. Tu veux un chocolat ? Ceux-là tu vois, ceux avec les traits en diagonale, ils sont vraiment bons. Ceux-là aussi… y a du piment dedans non ?

Extrait du film Mon oncle. Jacques Tati, réalisateur (1958).

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